Les confessions de Frannie Langton de Sara Collins

Qu’en ont pensé les lectrices optimistes ?

Elles ont aimé :

  • La partie consacrée à la défense lors du procès
  • Le travail de recherche de Sara Collins, le livre est très bien documenté

Elles ont moins aimé

  • L’ambiance noire et un peu malsaine
  • Trop de thèmes abordés

Les confessions de Frannie Langton de Sara Collins
The Confessions of Frannie Langton (04/04/2019)
Traduit par Charles Recoursé
Parution le 18/04/2019 aux Editions Belfond
408 pages

Présentation de l’éditeur : Dans la lignée de Sarah Waters et de Margaret Atwood, Sara Collins signe un roman noir gothique saisissant, qui nous plonge, entre la Jamaïque et le Londres du XIXsiècle, dans une véritable épopée où se mêlent colonialisme, esclavage et racisme ; culpabilité, amour et rédemption.Esclave. Frannie Langton grandit à Paradise, dans une plantation de canne à sucre, où elle est le jouet de chacun : de sa maîtresse, qui se pique de lui apprendre à lire tout en la martyrisant, puis de son maître, qui la contraint à prendre part aux plus atroces expériences scientifiques…

Domestique. À son arrivée à Londres, la jeune femme est offerte comme un vulgaire accessoire à George et Marguerite Benham, l’un des couples les plus raffinés d’Angleterre.

Séductrice. Seule contre tous, Frannie trouve une alliée en Marguerite. Entre ces deux lectrices invétérées se noue un lien indéfectible. Une foudroyante passion. Une sulfureuse liaison.

Meurtrière. Aujourd’hui, Frannie est accusée du double-meurtre des Benham. La foule se presse aux portes de la cour d’assises pour assister à son procès. Pourtant, de cette nuit tragique, elle ne garde aucun souvenir. Pour tenter de recouvrer la mémoire, Frannie prend la plume…

Victime ? Qui est vraiment Frannie Langton ?

L’avis de Manon :

Voilà un roman qui m’a dérangée, qui m’a plu mais me laisse un goût amer par son histoire comme par son ambiance noire, fermée dans lequel les corps sont malmenés, sujets à expérimentation avec trafic de cadavre en fond, esclavage, drogue. Frannie retrace son parcours afin de soumettre à son avocat de quoi la défendre au cours du procès dans lequel elle est accusée du double meurtre de son maître et de sa maîtresse. La narratrice est est elle-même, ambiguë durant l’histoire. Elle passe par plusieurs statuts mais est toujours victimes des choix de ses propriétaires.

Frannie, esclave métisse, est née et a grandi à Paradise en Jamaïque au service des Langton. Elle devient le joujou de la maîtresse Miss-Bella  puis celui de son maître Langton qu’elle assiste pour des expériences sur des cadavres. Elle devient son copiste quand il ne peut plus tenir la plume. Frannie sait lire et écrire. D’ailleurs ce qui m’a plu en elle c’est essentiellement son amour pour les livres et un en particulier que j’ai moi-même beaucoup aimé, Moll Flanders de Daniel Defoe. Elle quitte la Jamaïque avec son maître en 1825 pour aller à Londres. Elle a 18 ans. Là, elle sera offerte comme monnaie d’échange à la famille Benham. Elle entretiendra alors une relation douteuse avec sa maîtresse capricieuse. Elle passe du statut d’esclave, à domestique puisqu’il n’y a pas d’esclave en Angleterre, femme de chambre, amante, prostituée.

Frannie est comme spectatrice des expériences immondes de Langton sur des cadavres qu’il considère comme des expérience scientifiques. Ce sont surtout les moments décrits avec Langton qui m’ont perturbée mais qui donnent l’ambiance du livre. Frannie est pourtant bouleversée par l’abandon de son maître puis en mal d’amour avec sa nouvelle maîtresse, Mme Benham.

J’ai aimé l’histoire bien menée avec des retours sur le passé de Frannie. Le récit est entrecoupé de témoignage du personnel de maison des Benham mais la partie que j’ai préféré restera le dernier quart du livre consacré à la défense lors du procès avec les témoignages des médecins qui se rapprochent de médecins légistes, l’interrogatoire bien mené de l’avocat de Frannie.

L’avis de Cécile :

Cela vous arrive-t-il de lire un roman dont vous reconnaissez la qualité d’écriture, l’atmosphère agréablement trouble, mais de rester en dehors, de ne pas arriver à vous y intéresser ?
C’est exactement ce qui s’est passé pour moi avec Les confessions de Frannie Langton.
Le roman s’ouvre sur le procès de Frances Langton pour le meurtre prémédité de sa maîtresse et du mari de celle-ci. Les apparences et l’opinion sont clairement contre elles, la « Mulâtresse sanguinaire », débarquée de Jamaïque à Londres, et transportant dans ses gènes la sauvagerie des nègres. Vous vous doutez bien qu’il ne s’agit pas de ce que je pense, mais en 1826 en Angleterre, ils étaient quand même nombreux à voir les choses de cette manière.
Son avocat lui demande alors de lui donner « de quoi l’aider » et cela va être l’occasion pour Frannie de raconter son histoire.
Le roman est très bien documenté et je salue le travail de recherche de Sara Collins sur l’esclavage, l’immigration noire en Angleterre, les expérimentations scientifiques au 19ème siècle.
Comme je le disais en préambule, j’ai également apprécié l’atmosphère très sombre et mystérieuse du roman et la belle écriture de Sara Collins, plutôt maîtrisée pour un premier roman.
Mais aucun des multiples thèmes abordés ne m’a vraiment accrochée, le personnage de Frannie ne m’a pas intéressée et j’ai trouvé ses motivations trop nébuleuses. La comparaison avec les romans de Sarah Waters m’a paru très lointaine, car j’admire la précision et la délicatesse des personnages de cette dernière, que je n’ai pas retrouvées ici.
J’ai donc parcouru cette confession sans ennui mais sans réel intérêt non plus.

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