La Fabrique de poupées de Elizabeth MacNeal

Qu’en ont pensé les lectrices optimistes ?

Elles ont aimé :

  • Le décor de Londres
  • L’écriture sensorielle
  • L’ambiance inquiétante mais comme enchantée
  • L’histoire même

Elles ont moins aimé

La Fabrique de poupées de Elizabeth MacNeal
The Doll Factory (02/05/2019)
Traduit par Karine Reignier-Guerre 
Parution le 03/10/2019 aux Editions Presses de la Cité
364 pages

Présentation de l’éditeur : La liberté est une chose précieuse.

Londres, 1850. L’Exposition universelle va bientôt ouvrir ses portes dans le tout nouveau Crystal Palace, et les badauds se pressent pour venir admirer cette merveille. Parmi eux, Iris, modeste employée dans un magasin de poupées, à la beauté mâtinée de difformité, qui rêve de devenir artiste peintre. Et puis il y a Silas, taxidermiste amateur de macabre et de curiosités, désireux d’y exposer ses créatures. Ces deux-là se croisent, et leurs destins en seront à jamais bouleversés. Iris accepte bientôt de poser pour Louis Frost, un jeune peintre préraphaélite. Avec lui, le champ des possibles s’élargit, et le modèle, avide de liberté, découvre peu à peu l’art et l’amour. Mais c’est compter sans Silas, qui rôde non loin de là, tapi dans l’ombre, et n’a qu’une idée : faire sienne celle qui occupe toutes ses pensées, jusqu’à l’obsession…

Campée dans un Londres à la Dickens, La Fabrique de poupées met en scène la détermination d’une femme à s’affranchir de sa condition. C’est aussi un conte cruel, raffiné et résolument moderne, au suspense maîtrisé, qui explore avec une précision chirurgicale les frontières entre l’amour, le désir et la possession.

L’avis de Manon :

Un roman bien construit, une ambiance et des personnages si bien dépeints que j’ai été emportée très agréablement.

Londres, 1851 se prépare l’exposition universelle. Allez à la rencontre d’artistes particuliers. Silas le taxidermiste, un peu perturbé, qui m’a parfois répugnée, souvent effrayée. Rencontrez surtout Iris qui quitte la fabrique de poupées dans laquelle elle travaille avec sa soeur jumelle, Rose. Iris quitte également ses parents car elle a l’occasion de choisir, choisir de rester dans cette boutique faire plaisir à ses parents ou être le modèle de Louis, le peintre, qui en échange de son travail de mannequin lui offre de lui apprendre à peindre pour révéler pleinement son talent. Elle opte pour l’art, pour sa passion mais difficile en tant que femme considérée comme déchue du fait de son mode de vie de se faire une place parmi les artistes. En arrière fond plane sur elle cette obsession de Silas qui en est tombé amoureux et guette ses faits et gestes. 

Un très bon roman qui nous emmène dans un Londres grouillant, bruyant, puant, dans le monde des artistes, des prostitués, des voleurs de rue. Une ambiance parfaitement maîtrisée dans laquelle se déploie subtilement l’intrigue, ce qui laisse le temps d’apprécier tout le style avec lequel l’auteur installe la tension, l’inquiétude, et surtout de profiter des personnages si bien dessinés par l’auteur aussi bien physiquement que psychologiquement. On s’attache à l’héroïne passionnée, peintre talentueuse qui a du mal à se révéler dans ce monde d’hommes, son maître Louis dont elle tombe amoureuses et qu’elle admire, le garçon des rues, Albie, dont la soeur doit se prostituer et qui rêve d’avoir des dents. 

Un roman dans lequel l’auteur a construit un univers mystérieux comme enchanté parfois et sombre à la fois. 

L’avis de Cécile :

Londres 1850.
L’approche de l’exposition universelle met les londoniens en émoi ; les beaux quartiers comme les bas-fonds de la capitale attendent avec excitation cet immense événement.

Au milieu de cette effervescence, quatre personnages vont prendre plus d’importance à nos yeux.

Iris, dont la clavicule a été brisée à la naissance et s’est ressoudée de travers, est employée dans un magasin de poupées, avec sa sœur jumelle Rose, marquée par la variole. Mais Iris rêve de liberté et surtout de peindre.
Cela lui deviendra possible en rencontrant Louis, un jeune peintre appartenant au mouvement préraphaélite si grandement décrié par Dickens. Il lui propose de devenir son modèle et également de lui apprendre à peindre.
Albie, un gamin des rues édenté, vit avec sa sœur prostituée dans un minuscule taudis et caresse le rêve de s’offrir un dentier. Ce petit garçon m’a particulièrement touchée par sa clairvoyance mêlée à une candeur toute enfantine.
Et puis il y a Silas. Silas est un taxidermiste étrange et inquiétant qui fournit des animaux aux peintres afin qu’ils servent de modèles à leurs tableaux. Si Albie m’a émue, Silas m’a fait frissonner d’angoisse et de répulsion. Je me souviens d’avoir éprouvé les mêmes sensations de dégoût et de malaise à la lecture du Parfum de Patrick Suskind.

Car oui, le texte de Elizabeth Macneal est profondément sensoriel et met de fait tous nos sens en éveil.
J’ai senti sous mes doigts la texture des animaux empaillés par Silas.
J’ai admiré les œuvres peintes par Louis et ses amis.
J’ai entendu les fiacres et les cris des marchands mais aussi le silence inquiétant des rues le soir.
J’ai eu sur le bout de la langue le goût des mûres que Flick mange à pleine bouche.
J’ai partagé la répugnance d’Albie pour l’odeur fétide dégagée par Silas. .

L’atmosphère de Londres à l’époque victorienne est parfaitement rendue et j’ai pris un immense plaisir à me balader dans ses rues, de jour, de nuit, à voir l’Exposition Universelle se préparer, à admirer le Crystal Palace.

8 commentaires

  1. Vous êtes tentatrices ! J’adore plonger de temps en temps dans ces lectures plaisir qui nous embarquent, comme une parenthèse. C’est ce que je comprends en lisant vos chroniques. Je ne connaissais pas du tout, les quatre points que vous notez en ouverture me font noter ce titre.

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  2. « Un univers mystérieux comme enchanté parfois et sombre à la fois » – tout à fait le genre d’univers qui me parle ! Et puis rien que le titre et la couverture sont irrésistibles pour moi. Sans parler des thèmes et de l’époque. Je ne connaissais pas. Merci (? – ma PAL est moins d’accord^^) pour cette découverte !

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