L’empreinte de Alexandria Marzano-Lesnevich

Qu’en ont pensé les lectrices optimistes ?

Elles ont aimé :

  • Le style , les détails de chaque scène
  • Le renvoi à toutes les sources du livre

Elles ont moins aimé

L’empreinte de Alexandra-Lesnevich
The fact of a body : A murder and a Memoir (16/05/2017)
Traduit par Héloïse Esquié
Parution le 10/01/2019 aux Editions Sonatine
480 pages

Présentation de l’éditeur : Etudiante en droit à Harvard, Alexandria Marzano-Lesnevich est une farouche opposante à la peine de mort. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’un tueur emprisonné en Louisiane, Rick Langley, dont la confession l’épouvante et ébranle toutes ses convictions. Pour elle, cela ne fait aucun doute : cet homme doit être exécuté. Bouleversée par cette réaction viscérale, Alexandria ne va pas tarder à prendre conscience de son origine en découvrant un lien tout à fait inattendu entre son passé, un secret de famille et cette terrible affaire qui réveille en elle des sentiments enfouis. Elle n’aura alors cesse d’enquêter inlassablement sur les raisons profondes qui ont conduit Langley à commettre ce crime épouvantable.

Dans la lignée de séries documentaires comme Making a Murderer, ce récit au croisement du thriller, de l’autobiographie et du journalisme d’investigation, montre clairement combien la loi est quelque chose d’éminemment subjectif, la vérité étant toujours plus complexe et dérangeante que ce que l’on imagine. Aussi troublant que déchirant

L’avis de Cécile :

Alors étudiante en droit, Alexandria est résolument opposée à la peine de mort. Jusqu’au jour où elle voit les aveux filmés de Ricky Langley, coupable d’avoir agressé sexuellement et tué un enfant de 6 ans. Au fond d’elle-même, Alexandria le sent, elle veut « que Ricky meure ».

Cette opposition de ses sentiments profonds à ses convictions la pousse à se remettre en question et à débuter un travail d’enquête sur cette affaire, à tenter de déterminer quel a été l’événement à l’origine, bien avant la naissance de Ricky, de ce qu’il est. La notion de cause adéquate, qui consiste à « déterminer la source de l’histoire, afin d’assigner les responsabilités » colore en filigrane tout le récit.

En parallèle de l’enquête sur Ricky Langley et le meurtre de Jeremy Guillory, l’auteure nous parle de sa propre histoire, des secrets qui hantent sa famille, des comptes qui lui restent à régler avec ses parents, ses frères, ses sœurs. C’est cette partie autobiographique qui donne vie au récit, la quête éperdue de vérité d’Alexandria, son besoin de comprendre, de savoir, afin de se réparer elle-même. Elle se débat entre ses convictions et ses sentiments, son histoire personnelle douloureuse toute en contradictions et paradoxes.

Même si ce texte est un récit, le rythme est bon, l’alternance entre les chapitres relatifs à l’affaire proprement dite et ceux traitant des souvenirs de l’auteure ancre le lecteur dans l’enquête. Le style est entraînant, fluide même lorsqu’il s’agit de notions de droit, qui sont clairement exposées et expliquées.

La présentation de L’empreinte fait référence à Making a murderer, série diffusée sur Netflix suivant deux prisonniers accusés de meurtre et tentant de démontrer leur innocence, mais je classe plutôt cet ouvrage dans la lignée de De sang-froid de Truman Capote, pour l’implication très personnelle de son auteure, les enchevêtrements avec sa propre histoire, et les fantômes qui continuent sûrement de la hanter, même après avoir terminé son livre.

L’avis de Manon :

Un essai qui m’a fait frôler le coup de cœur et qui me marquera par les deux histoires mises en parallèle celle de Ricky qui a tué un enfant et de son procès et celle de l’auteur abusée sexuellement par son grand père au cours de son enfance durant plusieurs années et dont les parents, une fois au courant,ont préféré passer sous silence le crime. 

Je serai plus particulièrement marquée par toute la beauté de l’écriture de l’auteure. Épatée par l’ambiance dans laquelle elle nous plonge  grâce aux descriptions méticuleuses des scènes. L’auteure place chaque détail, chaque objet, chaque sentiment pour donner vie à ces deux récits, les relier et y ajouter un questionnement sur la responsabilité et ou elle peut commencer. Si elle n’impose pas une position tranchée sur l’affaire qu’elle suit, c’est d’ailleurs c’est ce que j’ai apprécié, l’auteur nous invite à la réflexion en retraçant des événements dont elle cite chaque source.

On ne ressent aucune haine dans l’écriture malgré les abus dont elle a été victime, plutôt guidée. C’est une détermination à comprendre qui se dégage de ce livre, un quête sans imposé une vision ou apitoiement. 

6 commentaires

  1. Ce titre m’intrigue, mais je change d’avis comme de chemise sur le fait de le lire ou pas, tant les avis varient à son sujet. Vous allez peut-être bien faire pencher la balance en sa faveur, d’autant plus qu’il vient de sortir en poche !

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