Le courage des autres de Hugo Boris

Qu’en ont pensé les lectrices optimistes ?

Elles ont aimé :

  • La lucidité du narrateur
  • Lire des anecdotes de métro

Le courage des autres de Auteur
Parution le 08/01/2020 aux Editions Grasset
180 pages

Présentation de l’éditeur : Hugo Boris vient de passer sa ceinture noire de karaté lorsqu’il fait face à une altercation dans le RER. Sidéré, incapable d’intervenir, il se contente de tirer la sonnette d’alarme. L’épisode révèle une peur profonde, mélange d’impuissance et de timidité au quotidien. Trait de caractère personnel ou difficulté universelle à affronter l’autre en société ? Ce manque de courage l’obsède. Sa femme lui suggère de  » se faire casser la gueule une bonne fois pour toutes  » pour l’exorciser. Mais Hugo Boris est écrivain, alors, pendant quinze ans, il consigne sur le vif ces situations d’effroi dans les transports en commun. Il peint aussi le ravissement d’une rencontre, l’humanité d’un dialogue, l’humour d’un échange imprévu. A travers ces miscellanées heureuses ou tragiques, il décrypte une mythologie contemporaine, celle du métro et du RER, et cherche à appréhender ses craintes, à la maîtriser par la distance, la littérature ou…la lecture de Dragon Magazine ! Il tente aussi de conjurer sa peur en guettant le courage des autres sous toutes ses formes, profondément admiratif de tous ceux qui parviennent à intervenir lorsqu’une situation les interpelle, les sollicite, exige une prise de parole, un geste. Il dessine un hommage à tous ceux qu’il a vu avoir, sous ses yeux, le cran qui lui manquait. Et se demande si le courage est contagieux.Totalement original, sincère, d’une actualité, d’une précision d’écriture et d’observation remarquables, ce recueil de textes brefs touche au plus juste. En se mettant à nu, Hugo Boris parle de chacun de nous, de nos lâchetés et de nos malaises quotidiens, de nos éblouissements et, parfois, de nos héroïsmes.

L’avis de Cécile :

Ligne 1, un soir de semaine, j’aperçois une jeune fille qui se rapproche des sacs à dos de deux femmes d’âge mûr. Au moment où sa main touche un des sacs, je traverse la rame et dit aux deux femmes « Attention ! Vous connaissez cette jeune fille ? ». Moment de stupeur, les femmes me regardent interloquées, la pickpocket en profite pour descendre du métro, je comprends que les touristes ne parlent pas un mot de français. Elles n’ont rien perçu de ce qui vient de se passer, je suis passée pour une folle, mais au moins elles ne finiront pas leur journée au commissariat pour déposer plainte.

Cette anecdote aurait pu figurer dans l’herbier de Hugo Boris, lui qui « herborise dans les transports en commun » depuis 15 ans, qui « prélève de fines tranches de réel » et nous les offre maintenant dans cet ouvrage.

En trois parties nommées Sidération, Admiration et Affirmation, Hugo Boris distille ces moments cueillis, riches de sens, parfois tristes, souvent émouvants, ces moments qui révèlent beaucoup de l’humanité.

Et moi qui suis fascinée par le métro depuis mon arrivée en région parisienne, qui adore l’emprunter lorsque je voyage, je ne peux m’empêcher de penser à tous ces moments marquants, plus ou moins importants. Comme cette fois où un poivrot a décidé de me traiter de salope et que la seule réaction des gens autour a été de me sourire (merci ça m’aide vachement 👍🏻) ou ces périodes de grèves où les gens se sont comportés comme des animaux. Mais il y a aussi d’autres instants plus chaleureux, une connivence avec une maman corrigeant à distance les devoirs de son enfant, une femme m’offrant son magazine car je lui demandais ce que c’était.

Le courage des autres, la lâcheté, la bienveillance, l’indifférence des autres… Les transports en commun et la promiscuité qu’ils impliquent font ressortir le pire et parfois le meilleur de nous-mêmes, mais peuvent aussi nous faire réfléchir et nous pousser à nous dépasser.

L’avis de Manon :

En quittant la région parisienne j’ai été perturbée de ne pas avoir de métro. Cela ne me manquait pas mais c’était quand mếme tout un monde que je ne peux plus observer quand les déplacements se font en voiture. Le temps de transport était mon temps de lecture mais aussi de décompression d’observation, un tampon entre le travail et la maison. Mais pas un sas tout rose tant les agressions mếme si elles ne sont pas tous les jours et exceptionnel peuvent secouer. .

Ce livre m’a rappelé beaucoup de scènes familières, le mec bourré qui agresse les gens du wagon sans que quelqu’un puisse broncher, ces situations de dominé-dominant qu’aiment imposer certains paumés, la curiosité à écouter une scène de ménage ou des amoureux en train de flirte . Hugo Boris revient sur des scènes brèves vécues dans le métro et le RER.  Ce sont des scènes pour la plupart violentes, physiquement envers des passagers, verbalement, agressions olfactives, des scènes attendrissantes ou tristes.

Mais ce n’est pas un simple déballage, ce qui est très intéressant c’est la lucidité avec laquelle il les raconte, le sentiment qui accompagne la scène en se positionnant lui l’artiste avec « une petite gueule ». Il s’interroge sur la notion de victime, pourquoi une cible plutôt qu’une autre .

Ce que j’ai beaucoup apprécié c’est cette image de l’anti-héros qu’il donne de lui même : un l’homme lambda qui reconnaît ses faiblesses ou en tout cas son incapacité à agir dans certaines situations violentes malgré ses années de judo.

7 commentaires

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